De la biodiversité à la tomate

Publié le par Sof

 

Variétés de tomates vendues en grandes surfaces

Variétés de tomates vertes et violettes biologiques

Aujourd’hui

Il n’y a qu’à jeter un rapide coup d’œil aux étals de fruits et légumes dans les hypermarchés pour prendre pleinement conscience que le nombre de variétés différentes pour un même produit s’est considérablement réduit.

L’exemple de la tomate est très représentatif. Combien de variétés de tomates nous sont proposées aujourd’hui? 4, 5? Si vous parvenez à en énumérer 5, c’est le grand maximum.

Pourtant, savez-vous qu’il existe plus de 600 variétés de tomates?

Voilà la richesse et la biodiversité offerte par la Nature et voilà ce que le business en a fait: 5 variétés tout au plus sont proposées au consommateur et astucieusement choisies et élues par des critères très précis. Ce sont en effet, les variétés de tomate les plus rentables, les plus vendables, les plus calibrées qui sont devenues en quelques décennies les standards de la tomate.

- Une tomate doit être bien rouge pour faire envie et donc être achetée (elle est rentabilisée en la faisant mûrir vite.)

- Une tomate doit rester ferme, même après avoir été touchée par des centaines de mains.

- Une tomate doit pouvoir être cueillie et mangée du 1er janvier au 31 décembre.

Mais quel goût a-t-elle cette tomate? Et bien là, justement, on ne sait plus trop.

Il n’y a que l’industrialisation des terres agricoles et la grande distribution pour considérer le consommateur comme assez stupide pour croire qu’une bonne tomate est forcément rouge, ferme, et disponible 365 jours/an.

Résultat: Une perte sans précédent de cette biodiversité qui faisait toute la richesse et la variété de notre alimentation. Il en est de même pour presque tous les fruits et légumes.

L’offre s’est réduite comme une peau de chagrin. Combien de fois vous êtes-vous dit: « J’en ai marre, on mange toujours pareil! » Ce n’est pas une sensation fausse, on mange effectivement toujours les même choses parce qu’on nous propose toujours les même choses.

Mais alors, que faire? Réagir!

L’Alternative

Idéalement, pour tous ceux et celles qui ont la chance d’avoir un bout de terrain est de créer leur propre potager en y plantant des graines biologiques et récoltant fruits et légumes au fil des saisons.

Pour les autres (et c’est mon cas), on trouve des alternatives:

- Certaines communes louent des parcelles de jardin pour les citadins que l’on peut cultiver comme bon nous semble.

- Il existe des associations de petits producteurs bio qui vendent en direct leur récoltes moyennant une sorte d’abonnement au mois. (je ferai prochainement un article à ce sujet).

Renseignez-vous auprès de votre mairie, ils pourront vous orienter vers ce type de structure.

- Acheter localement, chez le producteur du coin, ou sur le marché hebdomadaire.

Et demain?

Croire que les grandes surfaces ont le monopole et que de toute façon, on n’y peut rien, c’est comme ça, n’est pas dans la démarche d’un écocitoyen. N’oublions pas que nous avons toujours le choix.

S’il n’existe aucune alternative dans votre coin telles que celles déjà citées (mais ce n’est pas exhaustif! Si vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas à en parler!), il faut alors tisser du lien entre consomm’ acteurs, en créant par exemple une association permettant de faire des achats groupés auprès d’un producteur bio.

C’est en développant et en favorisant de nouvelles initiatives que les consommateurs pourront à leur tour faire pression sur l’offre de la grande distribution. Si les consommateurs tournent le dos aux produits frais des hypermarchés, refusant cette bouffe fade et aseptisée, trimballée de camions en frigos et manipulée maintes et maintes fois, alors nos choix influeront sur l’offre des hypermarchés. Le pouvoir n’est pas entre les mains de ceux que l’on croit.

Cela fait plus d’un an que je n’achète pratiquement plus aucun fruit ni légume en grande surface. Je peux vous assurer que j’ai redécouvert d’innombrables saveurs, le goût est incomparable. Les consommateurs que nous sommes sont gagnants sur tous les plans: les produits sont frais, cueillis du jour, d’une grande qualité, bio et au final, beaucoup moins chers que ceux vendus en grande surface et sans être biologiques!

NB: Les produits frais bio vendus en magasins spécialisés sont chers car comme les grandes surfaces, ils appliquent leur marge amenant les prix à un niveau rédhibitoire pour le consommateur soucieux de manger sain sans se ruiner. Je parle donc bien ici d'acheter directement au producteur.

A propos des photographies ci-dessus

Les tomates vertes sont mûres, c'est une caractéristique de cette variété. La tomate violette a une chair fine et délicieusement parfumée. Elles sont si savoureuses qu'aucune vinaigrette n'est nécessaire pour les accompagner. En y goûtant, c'est la première fois que j'ai vu ma fille croquer dans une tomate avec bonheur et plaisir. Je crois que celui ou celle qui n' a jamais mangé ce type de variétés "oubliées", saches vraiment ce qu'est le parfum et la saveur de la tomate!

 

Publié dans ALIMENTATION

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Anin 16/10/2006 19:29

Bonjour
J'ai beaucoup apprècié votre article sur les alternatives qui s\\\'offres à tous consommateurs et a tout lieu pour consommer librement.Surtout le point sur le pouvoir des grandes surfaces.Oui nous pouvons faire basculer la tendance et devenir des consommateurs puissants.En ce moment on parle de dialogue entre syndicat,patrona et gouvernement il serai bien de faire la même chose pour les consommateurs et professionnels de l\\\'agroalimentaire et tous les intermédiares.
Pour ma part je viens d\\\'apporter ma pierre à l\\\'immense tâche.En effet j\\\'ai crée une entreprise de livraison à domicile de fruits et lègumes biologiques à domicile.depuis le mois d\\\'aout j\\\'essaie de livrer les produits bio provenant d\\\'agriculteurs de la seine et marne et de la champagne ardennes.Après une forte demande sur Paris j\\\'ai décider de livrer sur Paris et une partie de sa banlieue.les produits proviennent directement de chez les producteurs, cueilis la veille.
Voila c\\\'est juste pour vous informer à ce sujet
à la prochaine 
Mme Anin Marie-claire   

Natural loustic (patrick Trécul) 20/08/2005 10:39

Même pour les citadins, y'a des coop bio dans presques toutes les villes maintenant... C'est vrai que rien ne vaut les bonnes tomates du potager...

Jé 19/08/2005 21:57

J'adore les coeurs de boeuf du marché paysan de Coustellet (84) !!!!